10 juin, on se prépare
Des flyers « Le bel été », « Ciné plein air » et d’autres cartes idées sont posés sur la table. Supports d’idées, d’échanges de cette première réunion entre habitantes et médiatrice sociale de C’est Possible Autrement. L’objectif : préparer le programme de l’été, qu’il soit partagé avec d’autres familles ou programmé juste pour soi. Dans la liste des rendez-vous incontournables : le parcours des Nuits Lumière du centre-ville historique de Bourges, les repas partagés entre voisins, le ciné plein air.
Personne n’a oublié les observations des unes et des autres partagées lors de la réunion de bilan de l’été 2023 : programmer c’est pratique et ça ne contraint pas pour autant. Que cette programmation parte de l’expression de l’envie est maintenant acquis. Que chacun participe à sa mesure à la communication des évènements (affichage dans son immeuble par exemple, invitation de connaissances…) est conscientisé. Le top départ est lancé !
27 juin, à la recherche de la cité perdue
La cité-jardin du Moulon sera bientôt démolie. Deux classes de l’école du Grand-Meaulnes ont créé un son et lumière, spectacle en hommage à la cité Louis-Loucheur construite dans les années 1930 dans notre quartier. Bénédicte Frebault, Sarah Geneix et Nathalie Griselhuver l’évoquent en ces termes le lendemain :
« Un spectacle magique, avec la projection d’éléments de vie de la Cité Jardin autrefois et les témoignages d’habitants. Incroyable aussi, la prestation des élèves, chantant bien et fort, plein d’entrain menés par une géniale équipe des deux institutrices et Julien d’Espéron. Et… aussi un beau message par les enfants eux-mêmes sur leur vie ensemble, sur la découverte de la culture de l’autre, sur l’espoir qu’ils portent en eux de changer le monde de demain.» BF
« Encore émue de cet instant posé pour rendre hommage, pour raconter et pour faire vivre ce qui pourtant, de l’extérieur, semble déjà si éteint. Un message de solidarité, de mode de vie, d’histoire, de citoyens, d’entraide, d’acceptation de l’autre et de ses différences … Bref, un message d’espoir plein de bulles … d’émotions, de joie, de tendresse. Puisse ce temps d’hier porter ses fruits et faire bouger les murs des consciences et d’ailleurs … » SG
« Magique de voyager dans le temps de ces bâtiments qui, avant de s’éteindre définitivement, restent ouvert à l’espoir. » NG
Et parce qu’il va falloir attendre la nuit tombée pour en profiter, le premier repas partagé de l’été est organisé.
Des repas comme celui-ci, il va y en avoir chaque mercredi soir courant juillet. On papote, on échange des recettes, on chante aussi parfois. Bref, la mayonnaise va tellement prendre que quelques familles se donnent rendez-vous un soir d’août pour une soirée pizza.
3 juillet, le Domaine enchanté de Varye
Une découverte pour tous les participants du jour : le domaine de Varye de Saint Doulchard. C’est à la fois une balade nature dans ce parc aux mystérieux recoins : théâtre de verdure, fontaine aux oiseaux. Et une balade artistique à travers l’exposition « Eléments » de l’association berruyère « Les Ateliers Rouges ». Les mères apprécient et se penchent sur les modalités de transport pour y revenir.
8 juillet, effervescence ludique au Moulon
Le festival Partir en Livre s’installe au pied du local. Il fait bon buller dans ces mini espaces privilégiés où le livre est roi. L’illustratrice Laura Lion présente son livre « il va y avoir du sport !» co produit avec Philippe Nessmann. Les enfants sont invités à colorer la fresque créée pour l’occasion par Laura Lion.
Un merci particulier à la Ligue de l’enseignement pour avoir identifié l’espace du Grand Meaulnes comme une possible étape dans ce festival. Durant cette journée, une cinquantaine de personnes, petits et grands, auront participé aux différents ateliers : Tir à l’arc et jeu de croquet (Ville d’Art et d’Histoire); atelier de fleurs frappées (Ligue) ; atelier yoga (Ufolep), …
Et.. qui dit livre dit aussi Bibliothèque de rue. La venue du mini-bus de la Ligue a été proposée lors de la réunion préparatoire de l’été. Les parents ont été questionnés quant au créneau horaire le plus adapté, et leur proposition a été respectée. Ainsi, Elisa Debeuret a animé trois fins d’après-midi du 15 au 22 juillet.
16 juillet, parcours bucolique à Lazenay
Matinée dépaysement dans le jardin de Lazenay, créé dans les années 90 par l’architecte paysagiste Gilles Clement. Ce jardin laisse faire la nature et l’epace évolue perpétuellement. C’est Catherine et Bernard, habitants respectifs du Val d’Auron et du Moulon qui ont proposé, puis préparé cette balade avec la médiatrice sociale. Les consignes baskets aux pieds et pantalon sont entendues par les explorateurs d’un jour.
17 juillet, s‘évader par les contes
Les enfants qui auront la chance de participer à ce spectacle musical sont captés, captivés par les voix, les bruitages, la musique de la Compagnie Catguts. Ces deux artistes emmènent le public à travers des contes russes, loin, bien loin du tintamarre du renouvellement urbain..
18 juillet, à la poursuite de l’Ourse bleue
Pique-nique dans les jardins de l’Archevêché en attendant de suivre l’Ourse et les lumières bleues du parcours nocturne.
Les enfants du Moulon improvisent une danse devant le Palais Jacques Cœur. Au-delà du sourire amusé que l’on devine dans le public, nous y voyons aussi les émulations issues des projets artistiques coordonnés par leurs enseignants tous ces derniers mois : déambulation poétique avec la compagnie N/C et Ville d’Art et d’Histoire, spectacle son et lumière devant la cité jardin Louis Loucheur.
Des remerciements, des coopérations nécessaires, une éthique d’intervention revendiquée
Voilà, en quelques lignes, les moments clés de cet été. Il y aurait tant encore à raconter si l’on tirait le fil des échanges, des conversations, des questions entendues pendant ces moments.
Des évidences : cette riche réalisation n’aurait pu se vivre sans la veille et l’accompagnement quotidien de notre médiatrice sociale, Bénédicte Frebault. Elle n’aurait pas non plus été sans la présence, le soutien des partenaires opérationnels et financiers. Cette réalisation n’aurait enfin pas été sans l’adhésion des habitants à ce projet estival.
Nous avons vécu ces semaines estivales avec le plaisir associatif, professionnel, de mettre en œuvre un accompagnement à levier enclenchant un processus qui permettra de tendre vers l’autonomie, de passer de l’individuel au collectif : « l’accompagnement peut être le lieu d’un retournement : relevant certes d’une commande sociale, il peut être le lieu où il est proposé comme ressource (et non comme aide ou soutien) à des personnes en projet (et non « en difficulté »). Il marque le passage du travail pour ou sur l’autre au travail avec l’autre. » Maëla Paul, docteure en sciences de l’éducation – 2012


